Philosophie du Kung Fu

Le wushu, plus qu’un simple entraînement au combat, est une véritable école de la vie, il prépare son pratiquant en éduquant son corps et son mental. Le wushu fournit les conditions nécessaires à la maîtrise et à la compréhension de son propre corps et de son esprit. Dans le wushu, la santé de l’esprit est aussi importante que celle du corps. Un pratiquant d’arts martiaux surentraîné, mais dont l’esprit ne serait pas calme, est une bombe à retardement. Un bon pratiquant doit avoir bonne santé et bon caractère. S’il devient violent ou indiscipliné, c’est qu’il s’est écarté des valeurs traditionnelles du wushu.

Il est notoire que dans de nombreuses situations, ceux d’apparence faible sont plus résilients que ceux vraisemblablement plus forts. C’est l’exemple bien connu du roseau qui plie sans casser sous la tempête tandis que le grand chêne s’écroule. En application, cela revient à utiliser une position d’apparence désavantagée, contre un adversaire plus fort, à utiliser la force de l’opposant pour la retourner contre lui et à mobiliser le minimum de force pour effectuer un mouvement puissant. C’est de cette manière qu’un pratiquant peut triompher d’un adversaire plus grand et plus fort. D’ailleurs, il y a eu de nombreuses pratiquants féminines qui ont atteint un niveau significativement plus élevé que de nombreux pratiquants masculins.

L’art d’arrêter la guerre

Si l’étude des arts martiaux prépare à la guerre et au combat, il faut savoir que cela n’a jamais résolu un conflit de manière permanente, mais n’a servi qu’à le contenir ou le masquer, perpétuant des futurs désastres. C’est de la cruauté de la guerre qu’on apprend la valeur de la paix, et qu’on prend conscience de ce que la prévention est la meilleure des défenses. Le véritable artiste martial est celui qui arrête le combat avant qu’il ne s’engage. Le wushu, s’il prépare à un potentiel conflit, donne au pratiquant la clairvoyance nécessaire pour savoir s’il faut recourir ou non à ses compétences.

Une des raisons d’être des arts martiaux est la défense. Mais elle est souvent confondue avec coups et poings. La meilleure défense n’implique pas forcément de frapper. L’évitement est en fait plus efficace que la confrontation. Un pratiquant à l’aise avec lui-même n’a pas besoin de prouver ses compétences à qui que ce soit. Il doit préserver ses compétences martiales et non pas s’en vanter auprès des autres. Il maîtrise son esprit et ses émotions, et ne dépend pas de ce que les autres diront de lui.

Discipline et éthique

Le wushu implique de travailler à l’harmonie sociale. Les élèves respectent leur enseignant et son enseignement qui doit mettre l’accent sur l’intégrité, l’humilité, la loyauté, l’honnêteté, la confiance et la courtoisie. Avant d’entamer un apprentissage, les élèves se doivent de posséder une forte éthique, qui renforcera leur lien social avec les autres pratiquants.

Si le wushu offre des standards élevés en matière de mental et de physique, ce sont des recommandations qui doivent servir de guide et non pas des règles strictes, afin de ne pas restreindre le développement individuel. Comme le disait justement Lao Tseu, lorsque les règles de bonne conduite doivent être écrites et imposées, et leurs manquements sanctionnés, c’est que la société a déjà failli.